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Publié par Cécile WondersWhy

La hantise d'être prévisible

Soyons honnêtes. Qui aime qu’on lui dise : « De toute façon, je sais que tu vas encore agir comme ça » ?

Faites le test. Commencez une conversation par « Je suis sûr que tu ne vas pas être d’accord mais ... ». Ou bien terminez un email, un sms par « De toute façon tu ne vas pas répondre, tu es toujours trop occupé ».

A tous les coups, votre interlocuteur va d’abord être sur la défensive, puis va essayer de vous prouver qu’il n’est pas aussi prévisible que vous voulez bien le dire, que vous avez tort d’anticiper sa réaction. Souvent, il va même redoubler d’efforts pour vous montrer que vous vous trompez sur lui.

Bonne technique pour obtenir ce qu’on veut de quelqu’un, soit-dit en passant (lui dire qu’il va faire le contraire de ce qu’on veut qu’il fasse en réalité). Mais là n’est pas la question.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est de comprendre pourquoi (étrange, je sais, je suis prévisible).

Pourquoi ça nous énerve tellement que quelqu’un puisse prévoir ce qu’on va dire ou faire? Au point qu’on est capable d'aller contre nos envies, nos réflexes, notre nature, juste pour lui prouver qu’il a tort ?

Il faut croire que l'être humain aime à penser qu'il reste maitre de ses actions, qu’il garde le contrôle sur lui-même et qu'il n'est pas influençable. S’il agit de telle façon, c’est parce qu’il l’a voulu lui, avant tout !

Qu’il aime s'attacher à l’idée qu’il peut surprendre, qu’il peut changer, qu’il n’est pas si prévisible.

Sûrement aussi, il n'aime pas se rendre compte que l'image qu'il renvoie n'est pas celle qu'il pensait montrer.

Puis c’est agaçant aussi de se rendre compte que quelqu’un d’autre remarque une habitude que l’on a, une manie, une moue, un défaut, avant même que l’on s’en aperçoive nous-mêmes et qu’on veuille bien l’admettre.

Que finalement, on ne se connaît pas si bien que ça.

Et que parfois, les gens que nous côtoyons au quotidien nous connaissent mieux que nous-mêmes.

Parfois, c’est vrai, ils ont tort, alors on se sent incompris.

Mais parfois, ils ont raison. Alors on râle, on dit non c’est pas vrai.

C’est aussi ce qui nous pousse à nous dépasser, car ils nous mettent face à la réalité de nos propres actes, quand on avait la "tête dans le guidon".

Et c’est aussi de cette façon qu’on comprend qui sont nos amis, qui sont les gens qui nous connaissent bien et qui font attention à nous.

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